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Évaluer le risque de chute – Savoir

Savoir

Évaluer le risque de chute

La précision des tests et ce que cherche un bon bilan

Conseils · état août 2026 · lecture env. 25 minutes · chaque DOI vérifié individuellement

1. Le bilan répond à deux questions

Un bilan du risque de chute suit deux questions :

  1. Mon risque de chute est-il augmenté ?
  2. Pourquoi est-il augmenté, et qu'est-ce que j'améliore pour chuter moins souvent ?

À la deuxième question, le bilan donne une réponse utile. Il trouve des causes sur lesquelles un traitement agit.

À la première question, il reste imprécis. Les chiffres figurent à la section 6. Pour votre quotidien, cela a une conséquence agréable : vous pouvez commencer tout de suite par l'essentiel.

2. Nous chutons toutes et tous, certains plus souvent que d'autres

Environ 30 personnes sur 100 de plus de 65 ans chutent au moins une fois par an [1]. Nous appelons ce chiffre votre risque de départ.

Chaque personne porte un risque de chute. Chez les unes il est plus élevé, chez les autres plus faible. Le risque se répartit de façon continue sur toutes les tranches d'âge.

D'où la recommandation la plus importante de ce texte. Entraînez la force et l'équilibre, même sans bilan. Sans entraînement, 100 personnes de 60 ans et plus totalisent environ 85 chutes par an. Avec entraînement, elles en totalisent environ 66 [19]. C'est bien étudié, sur la base de 59 études auprès de près de 13 000 personnes.

Ce qui agit, c'est un travail d'équilibre qui vous amène à votre limite. Un renforcement des jambes va avec. Comptez trois séances par semaine pendant au moins douze semaines [19].

Commencez sans attendre un rendez-vous de bilan. Notre article Éviter les chutes décrit à quoi ressemble un tel programme.

2.1 Votre risque de chute change en permanence

Votre risque de chute est une probabilité. Il change avec l'entraînement, avec de nouvelles lunettes, avec une grippe et avec une modification de vos médicaments. Un résultat de test vaut pour le jour où vous avez passé ce test.

3. Ce que le bilan trouve en plus

L'entraînement couvre la force et l'équilibre. Certaines causes de chute restent hors de sa portée. C'est précisément là que le bilan prend sa valeur.

3.1 Vos yeux

Une cataracte non traitée augmente votre risque de chute. Après l'opération du premier œil, le nombre de chutes diminue [1].

Vos lunettes comptent aussi. Les verres progressifs déforment le champ visuel inférieur. C'est exactement là que vous évaluez les bordures et les marches [1].

Une étude a remis à 606 porteurs de verres progressifs une paire supplémentaire de lunettes unifocales de loin [27]. Les personnes régulièrement actives dehors ont chuté moins souvent avec elles. Les personnes qui sortaient peu ont chuté dehors plus souvent qu'avant.

Une deuxième paire pour l'extérieur convient donc aux personnes souvent dehors. Parlez-en à votre ophtalmologue ou à votre opticien. Faites en outre contrôler vos yeux régulièrement.

3.2 Votre logement

En Suisse, environ 127 000 personnes se blessent chaque année lors d'une chute à domicile [25].

Le BPA a élaboré une check-list pour le logement [25]. Ses partenaires étaient physioswiss, la Ligue suisse contre le rhumatisme, Spitex Suisse, Pro Senectute et l'Association suisse des ergothérapeutes. La check-list nomme les points dangereux suivants :

  • Objets et câbles qui traînent sur vos trajets quotidiens
  • Éclairage trop faible, surtout sur le trajet nocturne vers les toilettes
  • Absence de main courante dans les escaliers, idéalement des deux côtés
  • Sols glissants, par exemple fraîchement nettoyés ou mouillés
  • Baignoires et douches glissantes

De telles adaptations agissent de façon ciblée. Chez les personnes à risque de chute élevé, 100 personnes totalisaient environ 185 chutes par an sans adaptation. Avec adaptation, elles en totalisaient environ 115 [26].

Chez les personnes sans risque accru, le nombre est resté identique. Il s'élevait à environ 132 chutes pour 100 personnes et par an, avec et sans adaptation [26]. Les deux résultats sont bien étudiés.

La première question de la section 1 garde donc son utilité. Elle décide si l'effort dans votre logement en vaut la peine pour vous.

Dans les études efficaces, une professionnelle se rendait généralement au domicile, souvent une ergothérapeute [26]. Elle observait comment la personne se déplace réellement chez elle.

3.3 Ces onze domaines font partie du bilan

En cas de risque augmenté, les recommandations conseillent de parcourir systématiquement tous les domaines traitables [1] :

  • la marche, l'équilibre et la force musculaire
  • les médicaments, surtout les somnifères, les calmants et les traitements de l'humeur
  • la tension artérielle couchée puis à plusieurs reprises debout
  • la vue et l'audition
  • les pieds, les douleurs des pieds et les chaussures
  • la mémoire et la concentration
  • l'alimentation et le statut en vitamine D
  • la continence et les passages nocturnes aux toilettes
  • la peur de tomber
  • l'environnement du logement
  • la santé osseuse et le risque de fracture

Chacun de ces onze points peut être traité. Cherchez avec votre professionnelle de santé les deux ou trois points qui vous apporteront le plus.

3.4 Quand un bilan vaut particulièrement la peine

Demandez un bilan dès que l'un de ces trois points vous concerne [1] :

  • Vous avez chuté au cours des douze derniers mois.
  • Vous vous sentez instable debout ou en marchant.
  • Vous avez peur de tomber.

Ces trois points sont aussi les questions d'entrée des recommandations internationales (section 4.2).

4. Comptez vos chutes

L'information la plus utile de tout le bilan vient de vous. Elle ne coûte rien et prend une demi-minute. Dites combien de fois vous avez chuté l'année passée.

4.1 Le nombre dit plus qu'une croix sur un formulaire

Beaucoup de formulaires demandent seulement : chute oui ou non. La plus grande partie de l'information se perd ainsi.

Un travail suisse a réuni trois études totalisant 1 850 participantes et participants [17]. Il a compté le nombre de chutes antérieures. Son modèle donne les nombres de chutes suivants pour 100 personnes et par an :

  • sans chute l'année précédente : environ 59 chutes
  • après 1 chute : environ 83 chutes
  • après 3 chutes : environ 156 chutes
  • après 5 chutes ou plus : environ 500 chutes

Ces chiffres disent combien de chutes sont attendues. Les valeurs de test de la section 6 répondent à une autre question : la probabilité d'au moins une chute. Les deux chiffres ne se comparent donc pas directement.

Le nombre de vos chutes antérieures porte beaucoup d'information sur le nombre de chutes à venir. Les tests de mobilité disent quelque chose de la marche, de la force et de l'équilibre. Qui chutera l'année prochaine, ils le prédisent de façon imprécise.

Tenez donc le compte. Notez chaque chute avec sa date et emportez la liste au bilan.

4.2 Votre professionnelle de santé vous posera ces trois questions

Les recommandations internationales conseillent trois questions courtes comme point d'entrée [1]. Dans la démarche suisse, elles s'appellent questions d'alerte :

  1. Avez-vous chuté au cours des 12 derniers mois ? Si oui : combien de fois ? Vous êtes-vous blessé ?
  2. Vous sentez-vous instable debout ou en marchant ?
  3. Avez-vous peur de tomber ?

Les trois questions ensemble trouvent plus de personnes que la première seule. Chez les 65 à 74 ans, la question sur la chute repère à elle seule environ 43 sur 100 des personnes qui chuteront [1].

Un deuxième problème s'y ajoute. Beaucoup de personnes ne parlent pas spontanément d'une chute. Chez les hommes, moins d'un tiers mentionne la chute de lui-même. Seule la question directe la fait apparaître [1].

Ces trois questions figurent avec neuf autres dans un bref questionnaire. Vous pouvez le remplir ici : Risque de chute – le test rapide. Il calcule sur votre propre appareil et n'enregistre rien. À la fin, vous imprimez un rapport et l'emportez à la consultation.

4.3 Signalez aussi les presque-chutes

Vous avez trébuché et vous vous êtes rattrapé de justesse. Parlez-en aussi. Les recommandations s'appuient avant tout sur les chutes elles-mêmes, sur la marche et l'équilibre et sur votre peur de tomber [1]. Une presque-chute révèle malgré tout souvent la situation à la professionnelle. Cela peut être en se retournant, dans l'obscurité, en portant quelque chose ou sur le chemin des toilettes.

5. Voici les tests qui vous attendent au cabinet

Voici les tests que vous rencontrerez le plus probablement dans un cabinet suisse. Le Bureau de prévention des accidents (BPA) met les formulaires gratuitement à disposition sur le portail StoppSturz [14].

5.1 Le Timed Up and Go mesure le lever, la marche et le demi-tour

C'est le test que vous recevrez le plus probablement dans un cabinet de physiothérapie suisse. Il figure dans la démarche suisse et dans les recommandations internationales [1], [14]. Il revient donc le plus souvent dans ce texte.

Vous vous levez d'une chaise, marchez trois mètres, faites demi-tour, revenez et vous rasseyez. La professionnelle arrête le chronomètre dès que vos fesses touchent la chaise. La valeur seuil suisse est de 13,5 secondes [14]. Les recommandations internationales indiquent 15 secondes [1].

Le test contient quatre mouvements lors desquels les gens chutent souvent : se lever, démarrer, faire demi-tour et se rasseoir. Les quatre ensemble donnent un seul chiffre. De ce chiffre, vous lisez seulement que quelque chose a été lent. Quelle partie a coincé reste ouvert.

5.2 Le test des cinq levers de chaise mesure la force de vos jambes

Vous vous levez cinq fois d'une chaise aussi vite que possible et vous vous rasseyez. Les bras restent croisés sur la poitrine. Chez les personnes vivant de façon autonome, le test est anormal à partir de 12 secondes [14].

Ce test examine la force de vos jambes et surtout votre force explosive. Il se situe donc près de ce que vous entraînerez ensuite.

5.3 La vitesse de marche sur quatre mètres

Vous marchez quatre mètres à votre allure habituelle. Une courte zone d'élan et de décélération précède et suit le parcours mesuré. Le test est anormal à partir de 4 secondes, donc à partir de 1 mètre par seconde [15]. Les World Falls Guidelines placent le seuil plus bas, à 0,8 mètre par seconde [1].

Les recommandations internationales conseillent ce test le plus fortement [1]. Votre vitesse de marche est aussi liée à la fragilité, aux séjours hospitaliers et à la mortalité. Pour prédire les chutes, elle reste malgré tout imprécise (section 6.2).

5.4 Le Mini-BESTest examine quatre composantes de l'équilibre

Le test comprend 14 tâches et 28 points au maximum. Il examine quatre domaines. En font partie votre équilibre anticipatoire et votre réaction à une poussée. S'y ajoutent votre orientation les yeux fermés et sur sol mou, ainsi que votre marche en situation exigeante. Chez les personnes âgées, un résultat de 16 points sur 28 ou moins est anormal [14]. Cette valeur provient d'une étude qui distinguait selon les chutes passées [28]. D'autres groupes donnent d'autres valeurs.

Le test dure 15 à 20 minutes. En échange, il est le seul à montrer quelle composante de votre équilibre a diminué. Votre objectif d'entraînement en découle.

5.5 Pour les tests d'équilibre debout, la durée autorisée est décisive

Vous vous tenez successivement pieds côte à côte, en semi-tandem, en tandem et sur une jambe. Chaque position est plus difficile que la précédente. La limite usuelle est de 10 secondes par position.

Une étude auprès de 153 personnes montre que 10 secondes sont trop courtes [21]. Les participants ont tenu en moyenne 14,8 secondes sur une jambe et 22,2 secondes en tandem. Les chercheuses et chercheurs proposent donc au moins 23 secondes.

Ce schéma revient tout au long de ce texte. Dès qu'un test a une limite de temps, ce sont précisément les personnes que vous souhaitez repérer tôt qui disparaissent dedans.

5.6 La FES-I interroge votre peur de tomber

Le questionnaire nomme seize situations du quotidien. Pour chacune, vous indiquez à quel point vous craignez de tomber. Les recommandations conseillent expressément un questionnaire standardisé pour la peur de tomber [1]. Pourquoi cela compte figure à la section 12.2.

6. Avec quelle précision les tests prédisent-ils une chute ?

Les chiffres qui suivent proviennent en grande partie du Timed Up and Go. La raison en est simple : c'est le test le plus souvent réalisé et le mieux étudié. Pour les autres tests de la section 5, les chiffres se ressemblent (section 6.2).

Situez donc votre propre résultat avec mesure. Une valeur de test compte autant que votre historique de chutes, votre liste de médicaments et votre propre ressenti à la marche. Seuls les quatre ensemble donnent une image.

6.1 Les chiffres du Timed Up and Go

Une revue systématique avec participation suisse a réuni onze études [7]. Au total, 3 148 personnes vivant de façon autonome y ont participé. À une valeur seuil d'environ 13 secondes, deux valeurs ressortent.

Sur 100 personnes qui chuteront plus tard, 39 sont repérées par le test. 61 restent sans particularité. Les spécialistes appellent cette proportion le taux de détection (sensibilité).

Sur 100 personnes qui resteront sans chute, 74 sont sans particularité au test. 26 sont repérées malgré tout. Cette proportion s'appelle la spécificité.

Pour vous, ces deux valeurs signifient ceci. Votre risque de départ est de 30 sur 100. Après un test anormal, il monte à 43 sur 100. Après un test normal, il descend à 25 sur 100 [7].

Le pouvoir discriminant du test était de 0,63. Les spécialistes appellent cette valeur l'AUC.

Imaginez deux personnes. L'une chutera l'année prochaine, l'autre restera sans chute. Vous ne connaissez d'elles que le temps mis au Timed Up and Go. Vous misez sur la plus lente. Avec un pouvoir discriminant de 0,63, vous avez raison dans 63 paires sur 100.

Le pur hasard tombe juste dans 50 paires sur 100. Le Timed Up and Go trouve donc 13 paires de plus que le hasard. Avec une valeur de 1,0, vous auriez raison dans les 100 paires.

Ce chiffre compare toujours deux personnes entre elles. Votre risque personnel figure au paragraphe précédent. Après un test anormal, il est de 43 sur 100, après un test normal de 25 sur 100.

Une méta-analyse irlandaise est arrivée aux mêmes valeurs. À une valeur seuil de 13,5 secondes : taux de détection 31 sur 100, spécificité 74 sur 100. Sa conclusion, dans sa formulation d'origine [8] : «The Timed Up and Go test has limited ability to predict falls in community dwelling elderly and should not be used in isolation to identify individuals at high risk of falls.»

Le plus vaste travail sur le sujet a réuni 53 études auprès de 12 832 personnes [9]. Chez les personnes âgées en forme et autonomes, celles qui ont chuté plus tard mettaient en moyenne 0,63 seconde de plus. Personne ne mesure cette différence de façon fiable. La hauteur de la chaise, les chaussures et la forme du jour déplacent davantage votre résultat.

Chez les personnes en EMS, la différence était de 3,59 secondes. Le test sépare donc bien là où vous voyez déjà le problème à l'œil nu. Chez les personnes en forme, il sépare mal.

6.2 Les autres tests obtiennent les mêmes résultats

Une étude canadienne a examiné en 2026 sept tests courants sur un même collectif [3]. En tout, 514 personnes de 65 ans et plus y ont participé. Les chercheurs ont relevé les chutes sur douze mois avec des calendriers mensuels. 95 participants sur 100 sont restés jusqu'à la fin, et 52 sur 100 ont chuté au moins une fois.

Les tests examinés étaient le Timed Up and Go en trois versions et le Brief-BESTest. S'y ajoutaient les cinq levers de chaise, l'appui unipodal et la vitesse de marche. Le pouvoir discriminant pour au moins une chute se situait entre 0,56 et 0,59. Les sept tests ont donc obtenu des résultats semblables, proches du hasard. Pour les chutes avec blessure, la vitesse de marche atteignait 0,70.

Pour la vitesse de marche, il existe en plus une analyse des données brutes de 28 études [6]. À une valeur seuil de 0,8 mètre par seconde, l'exactitude globale était de 58 sur 100. Le taux de détection atteignait 35 sur 100 et la spécificité 77 sur 100. Les personnes qui marchent lentement chutent plus souvent que celles qui marchent vite.

Les chercheurs recommandent donc la valeur seuil de 1,0 mètre par seconde. Avec elle, les professionnels repèrent 30 sur 100 des personnes qui chuteront, au lieu de 9 sur 100 [6].

Une grande revue américaine a calculé, pour chaque procédé courant, où il déplace le risque [11]. Après un résultat anormal, le risque se situait aux valeurs suivantes :

  • échelle d'équilibre de Berg : 59 sur 100
  • Timed Up and Go à partir de 12 secondes : 47 sur 100
  • une chute l'année précédente : 44 sur 100
  • cinq levers de chaise à partir de 12 secondes : 41 sur 100
  • vitesse de marche inférieure à 1,0 mètre par seconde : 39 sur 100

Sa conclusion : chaque procédé pris isolément est resté faible. Plusieurs résultats anormaux ensemble déplacent le risque davantage que n'importe quel résultat isolé.

6.3 Ce que ces chiffres signifient pour vous

  • Après un test normal, votre risque reste à environ 25 sur 100. La majorité des chutes ultérieures surviennent chez des personnes dont le test était normal.
  • Après un test anormal, votre risque monte à environ 43 sur 100. Sur cent personnes au test anormal, environ 57 resteront sans chute l'année suivante.
  • Plusieurs résultats ensemble disent plus que la meilleure valeur isolée [11].
  • Les tests saisissent votre état actuel de façon assez fiable. Ils conviennent bien pour suivre l'évolution d'un traitement (section 11.2).

Dans notre jeu Une sécurité trompeuse, vous pouvez calculer vous-même pourquoi un bon test dit peu de chose sur un événement rare.

7. Voici comment se déroule le bilan en Suisse

En Suisse, toutes les professions de santé travaillent depuis quelques années selon une démarche commune. Elle s'appelle StoppSturz et est portée par le BPA et les associations professionnelles. Il existe des manuels distincts pour le corps médical, la physiothérapie, l'ergothérapie ainsi que pour les soins à domicile et les soins [14], [15]. La séquence est partout la même : reconnaître le risque, évaluer le risque, réduire le risque.

Déclaration d'intérêts. Roger Hilfiker est coauteur de deux travaux cités ici. Il s'agit de la revue sur la précision des tests [7] et du modèle de taux de chutes [17]. Marielle Tschopp faisait partie du groupe d'accompagnement du manuel StoppSturz Physiothérapie [14]. Nous critiquons donc un document auquel nous avons contribué. C'est pourquoi nous le disons ouvertement.

StoppSturz met tous les formulaires à disposition gratuitement. Peu de pays disposent d'une telle démarche. StoppSturz recommande en plus de poser les trois questions d'alerte lors de chaque anamnèse dès 65 ans [14]. Cette recommandation vous apporte plus que n'importe quel test.

7.1 Deux manuels utilisent deux tests différents

Au dépistage, vous recevez un test différent selon la profession :

  • Au cabinet médical [15] : le test de marche sur 4 mètres et le test de l'horloge pour les fonctions cognitives.
  • En physiothérapie [14] : le Timed Up and Go et les cinq levers de chaise.

Les deux manuels tirent leur séquence de l'algorithme du programme américain STEADI [16]. Ces tests y figurent côte à côte comme un choix équivalent : le Timed Up and Go, un test de lever et un test d'équilibre.

Une partie de la réponse est ainsi acquise. StoppSturz a choisi le Timed Up and Go parce qu'il figurait dans la séquence américaine reprise. En physiothérapie, il compte de plus parmi les tests les plus courants. Le choix reposait donc sur l'origine et la notoriété.

7.2 Après le dépistage, votre historique de chutes décide

Si l'un des tests de dépistage est anormal, StoppSturz distingue selon votre historique de chutes [14]. Au plus une chute sans blessure donne un risque de chute modéré. Deux chutes ou plus, ou une chute avec blessure, donnent un risque de chute élevé.

Dans les deux cas suivent le Mini-BESTest, la FES-I et, selon la situation, d'autres tests. En cas de risque élevé s'y ajoutent une évaluation du domicile et la concertation avec d'autres professions.

Votre classement dépend donc de votre historique de chutes. La valeur du test décide seulement de la poursuite du bilan. Cette pondération correspond aux chiffres de la section 4.1.

8. Pourquoi StoppSturz a-t-il choisi le Timed Up and Go ?

Le Timed Up and Go occupe beaucoup de place dans ce texte. La raison tient à sa diffusion : en Suisse, presque chaque cabinet de physiothérapie l'utilise. Les spécialistes discutent de son choix depuis des années.

Les sections suivantes rassemblent les arguments dans les deux sens. Pour vous en tant que patiente ou patient, la conclusion de la section 6 reste la même. Votre valeur de test est un indice parmi plusieurs.

8.1 Ces points plaident pour le test

  • Vous avez besoin de peu de choses. Une chaise, trois mètres de place et un chronomètre suffisent. Une mesure propre de la vitesse de marche exige un parcours marqué avec élan et décélération. Dans une salle de traitement de douze mètres carrés, cette différence compte.
  • Le test dure une minute. L'explication est comprise dedans. Les professionnels font les tests courts au quotidien. Les tests longs restent souvent de côté.
  • Le test contient quatre situations de chute. Se lever, démarrer, faire demi-tour et se rasseoir y figurent toutes. Un parcours de marche en ligne droite n'examine que la marche.
  • Le test mesure de façon fiable. En le répétant, on obtient presque la même chose. Des examinateurs différents obtiennent des valeurs semblables [7]. C'est cela qui rend le test utilisable pour suivre une évolution.
  • Le test réagit à l'entraînement. Après trois mois d'entraînement, vous voyez le progrès dans le chiffre.
  • Tout le monde le connaît. Il figure dans chaque cursus de physiothérapie, dans STEADI, dans les World Falls Guidelines et dans de nombreuses études. Votre médecin de famille, la clinique de réadaptation et les soins à domicile lisent la même valeur de la même manière.

8.2 Ces points plaident contre le test

  • Le pouvoir discriminant est de 0,63 (section 6.1). Les World Falls Guidelines classent donc le test en dessous de la vitesse de marche. Elles recommandent la vitesse de marche plus fortement, en s'appuyant sur des preuves mieux établies. Pour le Timed Up and Go, elles qualifient les preuves sur la prédiction des chutes de «less consistent» [1].
  • La revue avec participation suisse recommande d'autres tests pour ce contexte. Pour les personnes vivant de façon autonome, elle nomme cinq tests [7]. En font partie le Mini-BESTest, le Functional Reach Test et la vitesse de marche rapide. S'y ajoutent le Timed Up and Go en version rapide et cette même version avec une tâche de calcul. La version à allure normale, elle la recommande pour l'EMS. Le manuel suisse utilise la version à allure normale chez les personnes vivant de façon autonome. Les deux documents ont paru la même année et partagent une autrice. Par souci d'équité : la revue qualifie elle-même ses recommandations de faibles, parce que les études sous-jacentes étaient petites [7].
  • Chez les personnes en forme, presque toutes restent sous la valeur seuil. Une analyse australienne portant sur 693 personnes de 70 à 90 ans en montre la conséquence [4]. Avec la valeur seuil de 15 secondes, cinq des 693 personnes se retrouvaient dans le groupe à risque intermédiaire. Un classement avec un groupe vide ne classe guère.
  • La valeur seuil provient d'une très petite étude. Voir la section 8.3.
  • Un seul chiffre résume six capacités. Deux personnes à 14 secondes chacune ont souvent des raisons différentes : jambes faibles, demi-tour incertain, prudence, douleurs ou pensée plus lente. Pour planifier le traitement, la professionnelle a besoin de ces raisons séparément.
  • De petites circonstances déplacent votre résultat. La hauteur de la chaise, les accoudoirs, les chaussures, le moyen auxiliaire et la consigne ont tous un effet. Il en va de même pour le moment où le chronomètre s'arrête. La même personne se retrouve de part et d'autre du seuil dans deux cabinets. Le manuel StoppSturz règle ces points avec soin [14]. Il autorise cependant les accoudoirs, l'appui des mains et l'allure normale. Cela laisse encore plus de personnes sous la valeur seuil.

8.3 D'où vient la valeur seuil de 13,5 secondes

La valeur seuil suisse provient d'un travail américain de 2000 [12]. Ce travail présente trois caractéristiques que vous devriez connaître :

  • Il comprenait 30 personnes. Parmi elles, 15 avaient chuté et 15 étaient restées sans chute.
  • Les chercheurs ont formé les deux groupes après coup, sur la base de chutes déjà survenues. Le travail distingue ainsi deux groupes. Il n'examine pas une prédiction.
  • Les deux groupes différaient en âge. Les personnes ayant chuté avaient en moyenne 86,2 ans, celles sans chute 78,4 ans. L'écart d'âge était de huit ans.

Avec deux groupes aussi différents, presque n'importe quel test sépare bien. Même un test qui mesure seulement l'âge les sépare. De telles comparaisons surestiment donc la précision de façon systématique.

Des travaux ultérieurs avec un suivi rigoureux ont trouvé de moins bonnes valeurs. Dans une cohorte britannique de 259 personnes suivies une année, le pouvoir discriminant était de 0,58 [10].

S'y ajoute ceci : au moins quatre valeurs seuils circulent, chacune avec des références.

  • plus de 10 secondes, déduites de valeurs de référence liées à l'âge [4]
  • à partir de 12 secondes, d'après la revue américaine [11]
  • à partir de 13,5 secondes, dans la démarche suisse StoppSturz [14]
  • plus de 15 secondes, dans les World Falls Guidelines [1]

Les auteurs des recommandations proposent désormais de tenir compte de l'âge [5]. Comme repère, ils citent les temps moyens de personnes âgées en bonne santé [29] :

  • 8,1 secondes pour les 60 à 69 ans
  • 9,2 secondes pour les 70 à 79 ans
  • 11,3 secondes pour les 80 à 99 ans

Ce sont des moyennes, et non des valeurs seuils testées sur les chutes futures. Leur article porte le titre «One size doesn't fit all».

Un nombre de secondes vaut toujours pour une tranche d'âge précise. Demandez donc sur qui votre valeur seuil a été mesurée.

8.4 Ce que nous pensons du Timed Up and Go

Le scepticisme envers ce test repose sur de bonnes raisons. Il ne vise cependant qu'une partie du problème.

L'étude comparative canadienne a examiné sept tests sur le même collectif. Les sept prédisaient les chutes avec une imprécision comparable [3]. Un test isolé nettement meilleur n'est donc tout simplement pas disponible.

Trois points concrets de la démarche suisse méritent la critique :

  1. La valeur seuil de 13,5 secondes provient d'une étude portant sur 30 personnes et des groupes d'âges inégaux. Une valeur plus basse ou dépendante de l'âge serait aujourd'hui mieux fondée.
  2. L'allure normale plutôt que la version rapide repose sur des preuves plus faibles chez les personnes vivant de façon autonome. C'est ce qu'indique la revue avec laquelle le manuel partage une autrice [7].
  3. Le manuel date de 2021, donc d'avant les World Falls Guidelines et avant tous les travaux de validation des années 2024 à 2026. Une actualisation s'imposerait.

Un point plaide pour la démarche suisse. Dans StoppSturz, votre valeur de test décide seulement de la poursuite du bilan (section 7.2). Dans ce rôle, le Timed Up and Go convient bien.

9. Dans quelle mesure l'algorithme des World Falls Guidelines fonctionne-t-il ?

2022 a vu paraître les recommandations internationales les plus approfondies sur le sujet à ce jour. 96 spécialistes y ont travaillé [1]. Au centre se trouve un organigramme : trois questions, puis un examen de la gravité, puis un test de mobilité. À la fin apparaissent trois groupes : risque faible, intermédiaire et élevé.

La gravité comprend une chute avec blessure, plusieurs chutes, la fragilité, un séjour prolongé au sol après une chute et une perte de connaissance.

9.1 Ce que montrent les vérifications

Une revue systématique a trouvé huit cohortes totalisant 25 027 personnes [2]. Ses constats :

  • Chaque étude a adapté l'algorithme. Six l'ont fortement modifié, deux légèrement. Aucune ne l'a appliqué tel que publié.
  • Le groupe «risque élevé» a repéré, selon l'étude, 27 à 52 sur 100 des personnes qui ont chuté ensuite.
  • Le groupe «risque élevé» a chuté plus souvent que le groupe «risque faible». Cette partie du classement fonctionne.
  • Le groupe intermédiaire comprenait 0,4 à 18 participants sur 100 selon l'étude. Son risque dépassait à peine celui du groupe «risque faible».

L'étude canadienne portant sur 514 personnes a en plus examiné si les tests de mobilité améliorent l'algorithme [3].

  • Sans tests de mobilité, l'algorithme a classé 282 personnes en «risque faible». 41 d'entre elles sur 100 ont chuté l'année suivante.
  • Avec les tests de mobilité, cette proportion est montée à 56 sur 100.

L'étiquette «risque faible» est donc devenue moins fiable avec les tests. Les chercheurs en concluent : leurs résultats ne soutiennent l'usage d'aucun test d'équilibre ou de mobilité à l'intérieur de l'algorithme [3].

Un chiffre compte surtout pour vous. Parmi les personnes portant l'étiquette «risque faible», 41 sur 100 ont chuté l'année suivante.

9.2 Deux modifications améliorent le classement

Le travail australien sur les 693 personnes a testé deux modifications simples [4]. Premièrement, les chercheurs ont fait le test de mobilité chez tous les participants. Deuxièmement, ils ont abaissé la valeur seuil de 15 à 10 secondes. Trois groupes de taille exploitable en ont résulté : 50 sur 100 à risque faible, 18 sur 100 intermédiaire et 31 sur 100 élevé.

Une réserve demeure. Sur le plan physique, le nouveau groupe intermédiaire ressemblait au groupe à risque élevé. Il avait moins de force, un équilibre moins bon et une pensée plus lente. Son taux de chutes ressemblait pourtant à celui du groupe à risque faible. Le classement est donc devenu plus lisible sans que la prédiction s'améliore.

D'où la phrase centrale de ce texte. Ces tests saisissent votre état actuel de façon assez fiable. Ils prédisent votre avenir de façon imprécise.

10. Que recommande NICE depuis 2025 ?

En avril 2025, l'institut britannique NICE a réédité ses recommandations sur les chutes [13]. À partir des mêmes données, il tire trois conclusions claires :

  • Les systèmes de score sortent de la prédiction. Les professionnels ne doivent pas prédire le risque de chute d'une personne au moyen d'un score.
  • Les professionnels posent activement la question. Lors des consultations de routine et des contrôles annuels, ils interrogent les personnes de 65 ans et plus sur les chutes de l'année écoulée. Il en va de même pour les 50 à 64 ans présentant des facteurs de risque connus.
  • Un bilan approfondi suit ensuite. Les personnes qui remplissent les critères reçoivent un bilan complet de tous les domaines.

Le comité d'experts donne une justification brève. Les données n'ont pas permis de désigner la méthode qui prédit le mieux les chutes. De plus, chaque test isolé ne couvre qu'un seul domaine, par exemple l'équilibre ou la marche.

NICE recommande toujours les tests d'équilibre et de marche pour le bilan. La décision sur votre suite de parcours revient cependant à la professionnelle de santé, plutôt qu'à un score.

11. Ce qui suit le bilan

11.1 Un bilan seul ne réduit guère votre risque

La plus vaste étude sur cette démarche a été décevante [20]. Aux États-Unis, 86 cabinets de médecine de famille ont été répartis au hasard. Dans le groupe d'intervention, des infirmières formées ont réalisé un bilan structuré auprès de plus de 5 000 personnes de 70 ans et plus. Chaque personne recevait un plan de mesures individuel. Pour les blessures graves liées aux chutes, la différence avec la prise en charge habituelle est restée faible et statistiquement incertaine.

Il en va autrement de l'entraînement. Il fait passer le nombre de chutes d'environ 85 à environ 66 pour 100 personnes et par an [19]. C'est bien étudié.

Veillez donc à ce qu'un entraînement démarre après votre bilan. Demandez la suite à la fin du rendez-vous.

11.2 La deuxième mesure vaut plus que la première

Le plus grand bénéfice de ces tests réside dans le suivi de l'évolution. Les recommandations nomment précisément cette tâche : choisir les exercices, fixer le dosage et suivre l'évolution [1]. Une valeur isolée, elle, dit peu de chose sur votre avenir. Une amélioration de 16 à 12 secondes après trois mois d'entraînement vous montre en revanche que l'entraînement agit.

Chaque mesure fluctue cependant. Une amélioration d'une seconde se situe dans cette fluctuation. Si la chaise, les chaussures ou l'heure changent entre-temps, la fluctuation augmente encore. Une évolution devient fiable seulement sur plusieurs mesures dans les mêmes conditions.

12. Ce que vous apportez au bilan

12.1 Nous avons besoin de ces indications de votre part

  • Votre historique de chutes en chiffres. Combien de fois l'année passée ? Avec blessure ? Avez-vous pu vous relever seul ? Combien de temps êtes-vous resté au sol ? Vous seul fournissez ces indications, et ce sont elles qui pèsent le plus (section 4).
  • Les presque-chutes aussi. Signalez également les chutes sans conséquence et celles qui vous gênent.
  • Votre liste complète de médicaments. Les produits sans ordonnance, les somnifères et les gouttes ophtalmiques en font partie.
  • La situation dans laquelle cela se produit. La nuit sur le chemin des toilettes ? En vous retournant dans la cuisine ? En descendant du trottoir ? Dehors par temps humide ? Cette indication mène souvent plus vite à la cause que n'importe quel test.
  • Le test rapide rempli. Vous pouvez l'imprimer et l'apporter.

12.2 Dites-le si vous avez peur

Une étude australienne portant sur 500 personnes de 70 à 90 ans a comparé le risque mesuré et le risque ressenti [18]. Chez de nombreux participants, les deux concordaient. Chez d'autres, ils divergeaient.

Un groupe ressortait particulièrement. Ces personnes présentaient physiquement un risque faible et se sentaient pourtant très instables. Elles ont chuté plus souvent que leur bilan physique le laissait attendre. Chez elles, les chercheurs ont de plus trouvé des signes d'une capacité de planification cérébrale plus faible.

Votre peur de tomber augmente donc votre risque de chute de façon mesurable. Elle se traite. La professionnelle la relève avec la FES-I [14]. Abordez donc le sujet de vous-même.

12.3 Posez ces trois questions à la fin

  1. Qu'avez-vous trouvé exactement ? Faites nommer le constat : quelle capacité, quelle situation, quelle valeur mesurée.
  2. Que faisons-nous contre cela ? Faites nommer l'étape suivante et une date pour celle-ci.
  3. Quand mesurons-nous à nouveau ? Seule la deuxième valeur vous montre si le traitement agit.

Dites-le aussi si votre test était normal et que vous vous sentez malgré tout instable. Votre propre appréciation pèse ici autant que la valeur mesurée.

13. Pour les professionnels : huit conclusions pour la pratique

Cette section s'adresse aux collègues de la physiothérapie et de la médecine. Elle résume comment nous appliquons ces données dans notre cabinet.

  1. Relevez le nombre de chutes comme un compte. Après une chute l'année précédente, le modèle attend environ 83 chutes pour 100 personnes et par an, après cinq ou plus environ 500 [17]. Posez les trois questions d'alerte dès 65 ans à chaque anamnèse initiale.
  2. N'utilisez aucun test de dépistage comme critère d'exclusion. Le taux de détection se situe entre 30 et 40 sur 100. Si le dépistage est négatif et l'impression clinique positive, c'est l'impression qui prime. Le manuel StoppSturz le dit également [14].
  3. Documentez les conditions du test. Notez la hauteur de la chaise, les accoudoirs, les chaussures, les moyens auxiliaires et la consigne. Sans ces indications, une comparaison dans le temps vaut peu, et cette comparaison est le bénéfice principal.
  4. Envisagez la version rapide. Pour les personnes vivant de façon autonome, le TUG FAST et la vitesse de marche rapide reposent sur de meilleures preuves [7]. Qui change change aussi la valeur seuil et s'y tient ensuite.
  5. Intégrez une référence à l'âge. 13,5 secondes signifient autre chose chez une femme de 68 ans que chez un homme de 89 ans [5]. Communiquez si possible la valeur brute plutôt que le classement.
  6. Utilisez le Mini-BESTest pour planifier le traitement. Il fournit quatre sous-échelles et avec elles un objectif d'entraînement. Son AUC dans la revue était de 0,79 sur deux études, celle du Timed Up and Go de 0,63 sur huit études [7]. L'intervalle de confiance autour du 0,79 est d'autant plus large.
  7. Jugez le bilan à la mesure qu'il déclenche. Le bénéfice démontré réside dans l'entraînement qui suit [19]. L'étude STRIDE montre que le bilan seul obtient trop peu [20].
  8. Relevez la peur de tomber de façon standardisée. Utilisez la FES-I. Un écart entre risque mesuré et risque ressenti constitue lui-même un constat [18].

Pour situer le tout : la faiblesse de la prédiction tient à l'objet. Les chutes sont fréquentes, mais difficiles à prévoir dans le cas individuel. Elles ont de multiples causes et dépendent fortement de la situation. S'y ajoute le comportement : qui ne bouge presque plus chute moins souvent.

La même image se dessine pour les systèmes de score à l'hôpital. Une revue de 38 instruments conclut que chaque instrument ne convient qu'à certaines situations [22]. Une revue des modèles de prédiction des chutes hospitalières critique surtout la qualité des rapports [23]. Le Timed Up and Go équipé de capteurs de mouvement livre lui aussi surtout des résultats d'études [24]. La pratique quotidienne en profite jusqu'ici peu.

14. Ce que vous devriez savoir sur le bilan du risque de chute

  • Entraînez la force et l'équilibre, même sans bilan. L'entraînement fait passer le nombre de chutes d'environ 85 à environ 66 pour 100 personnes et par an [19].
  • Le bilan trouve ce que l'entraînement laisse de côté. Cela concerne vos yeux, vos médicaments, votre tension debout et votre logement.
  • Les adaptations du logement agissent en cas de risque élevé. Le nombre de chutes y est passé d'environ 185 à environ 115 pour 100 personnes et par an. En cas de risque faible, il est resté identique [26].
  • Le nombre de vos chutes antérieures dit le plus sur le nombre de chutes à venir. Sans chute l'année précédente, le modèle attend environ 59 chutes pour 100 personnes et par an, après cinq chutes ou plus environ 500 [17].
  • Les tests déplacent peu votre risque. Après un Timed Up and Go anormal, il monte de 30 à environ 43 sur 100. Après un test normal, il descend à environ 25 sur 100 [7].
  • Tous les tests courants prédisent avec une imprécision comparable. Sept tests sur le même collectif ont atteint un pouvoir discriminant de 0,56 à 0,59 [3].
  • La valeur seuil de 13,5 secondes provient d'une étude portant sur 30 personnes d'âges inégaux [12]. Comme mesure d'évolution, le test reste malgré tout utile.
  • NICE renonce depuis 2025 aux scores de prédiction et exige à la place un questionnement actif et une recherche approfondie des causes [13].

Faites-vous évaluer. Demandez ensuite le constat, la mesure prévue et la date de la prochaine mesure.

Notre article Éviter les chutes décrit à quoi ressemble un programme d'entraînement. Dans notre jeu Une sécurité trompeuse, vous pouvez calculer vous-même pourquoi une valeur de test isolée dit peu de chose.

Bibliographie

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Transparence

  • Autrice ou auteur : Roger Hilfiker
  • Assistance par IA : la recherche bibliographique et la première version ont été produites avec Claude (Anthropic). Roger Hilfiker a vérifié chaque affirmation, chaque chiffre et chaque source, puis remanié le texte.
  • Rédigé le : 22 août 2026
  • Dernière mise à jour : 22 août 2026
  • Sources : les 26 travaux de la bibliographie. Tous les DOI ont été vérifiés dans le registre Crossref.
  • Déclaration d'intérêts : voir la section 7.
  • Financement : Physiotherapie Tschopp & Hilfiker, 3902 Glis. Le cabinet a financé cet article sur ses propres moyens.
  • Prochaine révision : prévue pour août 2028

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