Federkraft – Jeux
Federkraft
Le tendon comme réservoir d’énergie – trouve le rythme du saut. Avec labo d’entraînement et savoir physio.
Réserve métabolique
Federkraft
À l’atterrissage, le tendon emmagasine de l’énergie comme un ressort et en restitue une partie à l’impulsion. Il ne produit pas d’énergie – il la recycle et épargne ainsi du travail musculaire. Ton premier saut est un squat jump depuis l’arrêt – ensuite, c’est ton timing qui compte.
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Labo d’entraînement
Règle le niveau de développement de chaque qualité de ton système musculo-tendineux – de 0 (non entraîné) à 100 (très entraîné) – puis ressens ce qui change dans le jeu. Quatre qualités s’entraînent de façon ciblée ; une est fixée par l’anatomie.
Ce que c’est : à quel point le tendon s’allonge peu sous charge (raideur = force ÷ allongement). Un tendon raide transmet la force musculaire plus directement et se rétracte plus vite.Entraînable par : un renforcement lourd et lent et des maintiens isométriques (sur des semaines à des mois).Dans le jeu : l’anneau de rappel grandit plus vite, et un contact net restitue plus d’énergie – moins se perd en chaleur (moindre « hystérèse »).
Ce que c’est : la rapidité avec laquelle le muscle développe de la force depuis le repos – la montée de force par unité de temps (« rate of force development », RFD). Non pas combien de force au maximum, mais à quelle vitesse.Entraînable par : un entraînement de force explosive et de sauts.Dans le jeu : détermine surtout le squat jump depuis l’arrêt – purement concentrique, sans ressort. Plus de force explosive = premier saut plus haut.
Ce que c’est : à quel point tu exploites la brève phase d’appui pour restituer l’énergie stockée – une interaction entre la pré-tension musculaire, le réflexe d’étirement et la coordination, reconnaissable à un temps de contact au sol très court (le cycle étirement-raccourcissement).Entraînable par : la pliométrie, c’est-à-dire l’entraînement de sauts.Dans le jeu : élargit la fenêtre de temps à l’anneau – le moment parfait devient plus facile à atteindre.
Ce que c’est : la charge que le tendon supporte avant d’être surchargé. Elle dépend surtout de la section transversale – l’épaisseur du tendon, soit le nombre de fibres de collagène parallèles – et de la qualité du collagène.Entraînable par : une charge augmentée progressivement sur des semaines à des mois (les tendons s’adaptent bien plus lentement que les muscles).Dans le jeu : la réserve métabolique dure plus longtemps et les faux pas coûtent moins cher.
Ce que c’est : le bras de levier avec lequel le tendon d’Achille tire sur le calcanéus – déterminé par la forme du calcanéus. Il fixe la charge et l’énergie de stockage que le tendon absorbe à chaque pas.Pourquoi c’est fixe : une donnée anatomique, non modifiable par l’entraînement. Un talon plus court (bras de levier plus petit) sollicite davantage le tendon et stocke plus d’énergie élastique.
Note de réhabilitation : Face à un tendon douloureux, on commence avec ménagement par des maintiens isométriques – cela développe la raideur sans trop l’irriter – et l’on progresse seulement plus tard, via un renforcement lourd et lent, vers les sauts (pliométrie).
Sources (évaluées par les pairs, avec DOI)
Kubo K, Kawakami Y, Fukunaga T (1999). Influence of elastic properties of tendon structures on jump performance in humans. J Appl Physiol 87(6):2090–2096. doi:10.1152/jappl.1999.87.6.2090
Kubo K, Yata H, Kanehisa H, Fukunaga T (2006). Effects of isometric squat training on the tendon stiffness and jump performance. Eur J Appl Physiol 96(3):305–314. doi:10.1007/s00421-005-0087-3
Squat jump vs CMJ
Pourquoi on saute plus haut avec un contre-mouvement – et ce que cela a à voir avec l’anneau.
Avec un contre-mouvement (CMJ), on saute environ 2–4 cm plus haut que depuis l’arrêt (squat jump). La raison principale n’est pas le ressort tendineux : en s’abaissant d’abord, le muscle développe déjà une forte tension avant l’impulsion et peut produire plus de force sur la première partie de l’extension. Depuis l’arrêt, cette force doit se construire pendant l’extension – or à ce moment la moitié du trajet est déjà faite. L’énergie élastique du tendon contribue en plus, mais domine surtout lors des sauts et de la course répétés et rapides.
Dans le jeu : Ton premier saut est un squat jump depuis l’arrêt – faible, car rien n’est préchargé. Ensuite tu sautes au rythme CMJ, et l’anneau est justement le moment où tu restitues ce qui a été préchargé. Attendre trop longtemps = cela se dissipe.
Pourquoi l’écart n’est pas le même pour tout le monde
L’écart n’est pas une valeur fixe mais un rapport individuel (Eccentric Utilization Ratio, EUR = CMJ ÷ SJ). Il varie car plusieurs facteurs entrent en jeu :
- Développement concentrique de la force (RFD) : Un grand écart peut signifier que le squat jump est faible (montée de force lente) – et non que le ressort est particulièrement bon.
- Sport & phase d’entraînement : L’EUR varie selon la discipline et augmente par exemple de l’intersaison à la présaison.
- Raideur tendineuse : Des tendons plus raides favorisent une montée de force rapide et rehaussent le squat jump – ce qui réduit l’écart.
- Technique & méthode de mesure : Selon qu’on calcule à partir de la hauteur de saut ou de la puissance – et selon la propreté d’exécution du squat jump réellement sans contre-mouvement.
Critique de l’EUR : L’indicateur est controversé. Son lien avec la performance sportive réelle est peu établi ; une valeur élevée peut même signaler une faiblesse (montée de force lente) et n’est pas souhaitable en soi. Les experts recommandent de ne jamais lire l’EUR isolément, mais seulement avec les valeurs absolues de CMJ et de SJ.
Sources (évaluées par les pairs, avec DOI)
Bobbert MF, Gerritsen KGM, Litjens MCA, Van Soest AJ (1996). Why is countermovement jump height greater than squat jump height? Med Sci Sports Exerc 28(11):1402–1412. doi:10.1097/00005768-199611000-00009
Bobbert MF, Casius LJR (2005). Is the effect of a countermovement on jump height due to active state development? Med Sci Sports Exerc 37(3):440–446. doi:10.1249/01.MSS.0000155389.34538.97
Van Hooren B, Zolotarjova J (2017). The difference between countermovement and squat jump performances: a review of underlying mechanisms with practical applications. J Strength Cond Res 31(7):2011–2020. doi:10.1519/JSC.0000000000001913
McGuigan MR, Doyle TL, Newton M, Edwards DJ, Nimphius S, Newton RU (2006). Eccentric utilization ratio: effect of sport and phase of training. J Strength Cond Res 20(4):992–995. doi:10.1519/R-19165.1
Hawkins SB, Doyle TLA, McGuigan MR (2009). The effect of different training programs on eccentric energy utilization in college-aged males. J Strength Cond Res 23(7):1996–2002. doi:10.1519/JSC.0b013e3181b3dd57
Kozinc Ž, Žitnik J, Smajla D, Šarabon N (2021). The difference between squat jump and countermovement jump in 770 male and female participants from different sports. Eur J Sport Sci (online first). doi:10.1080/17461391.2021.1936654
Kozinc Ž, Pleša J, Šarabon N (2021). Questionable utility of the eccentric utilization ratio in relation to the performance of volleyball players. Int J Environ Res Public Health 18(22):11754. doi:10.3390/ijerph182211754
Kubo K, Kawakami Y, Fukunaga T (1999). Influence of elastic properties of tendon structures on jump performance in humans. J Appl Physiol 87(6):2090–2096. doi:10.1152/jappl.1999.87.6.2090
Kubo K, Yata H, Kanehisa H, Fukunaga T (2006). Effects of isometric squat training on the tendon stiffness and jump performance. Eur J Appl Physiol 96(3):305–314. doi:10.1007/s00421-005-0087-3
Réhabilitation & prévention des chutes
La même qualité – développer rapidement de la force, la restituer au bon moment, la rendre élastiquement – compte bien au-delà du sport.
Après une blessure sportive
La fonction ressort du tendon ne revient pas d’elle-même une fois la douleur partie – elle se reconstruit par étapes : des maintiens isométriques au renforcement lourd et lent, jusqu’aux exercices de saut et de stockage d’énergie. C’est précisément ce timing réactif – un temps de contact au sol court – qui figure parmi les critères de retour au sport. C’est ce que tu exerces ici à l’anneau.
Prévention des chutes chez les seniors
Après un trébuchement, ce qui protège tient moins à la force maximale qu’à la capacité de générer de la force rapidement (puissance musculaire/RFD) et de faire un pas vif – une qualité réactive, proche du saut. La puissance musculaire décline plus tôt et plus fortement que la force avec l’âge et prédit mieux les chutes. Un entraînement de l’équilibre réactif ciblé réduit de façon mesurable le taux de chutes.
Mais avec discernement : C’est la qualité qui compte, pas un saut dur pour chaque personne. En cas de tendon irrité, on commence en isométrie plutôt qu’en pliométrie ; les personnes âgées ou fragiles s’entraînent avec un travail de puissance dosé et un entraînement de l’équilibre réactif plutôt qu’avec des sauts en contrebas. Et la part respective de la force et de la force rapide dans le risque de chute n’est pas scientifiquement tranchée.
Sources (évaluées par les pairs, avec DOI)
Krogh TP, Jensen TT, Madsen MN, Fredberg U (2022). An isometric and functionally based 4-stage progressive loading program in Achilles tendinopathy: a 12-month pilot study. Transl Sports Med 2022:6268590. doi:10.1155/2022/6268590
Kubo K, Yata H, Kanehisa H, Fukunaga T (2006). Effects of isometric squat training on the tendon stiffness and jump performance. Eur J Appl Physiol 96(3):305–314. doi:10.1007/s00421-005-0087-3
Simpkins C, Yang F (2022). Muscle power is more important than strength in preventing falls in community-dwelling older adults. J Biomech 134:111018. doi:10.1016/j.jbiomech.2022.111018
Mohammadi S, Lotfi M, Zarei H (2025). The effect of perturbation-based balance training on fall incidence, mobility, postural control, and fear of falling of the older adults: a systematic review and meta-analysis. J Appl Gerontol (online first). doi:10.1177/07334648251412655
Tête & corps
Au-dessus de la mécanique se trouve un niveau de commande : le tendon est le ressort, le muscle le moteur – mais le système nerveux est le chef d’orchestre. L’échauffement et le mental décident de la qualité de son travail au bon moment.
Le système nerveux – le chef d’orchestre
La raideur de la jambe à l’atterrissage n’est pas une pure propriété matérielle : elle est activement contrôlée. Le système nerveux central la règle par trois leviers : la pré-tension des muscles avant le contact au sol (feedforward), l’activité réflexe et l’activité programmée après le contact.
L’essentiel est que cela se produise de façon anticipatoire : le cerveau règle le ressort à l’avance – selon l’atterrissage attendu – et adapte la raideur au support. Une co-contraction anticipatoire des muscles augmente alors la stabilité articulaire à l’impact.
C’est pourquoi la « force réactive » est entraînable : une grande part de l’amélioration par l’entraînement de sauts est neuronale – timing, pré-tension, coordination. C’est exactement ce que tu exerces ici à l’anneau. Et pour la prévention des chutes compte la même vitesse sensori-motrice : détecter une perturbation et déclencher en un éclair un pas de protection.
L’échauffement – préparer le moteur et le chef d’orchestre
L’échauffement agit sur plusieurs plans à la fois – température, métabolisme, nerfs et mental, y compris une potentialisation de la performance à court terme. La chaleur accélère la contraction et la conduction nerveuse, abaisse la résistance interne des muscles et des articulations, et fait se dérouler plus vite les réactions métaboliques. Un stimulus de précharge (un exercice lourd ou pliométrique) peut brièvement augmenter la performance explosive qui suit.
Particulièrement importante en pratique : la prévention des blessures. Des programmes d’échauffement neuromusculaire structurés réduisent nettement le risque de blessure. Avec le programme FIFA 11+, on a observé des réductions d’environ 30–46 % par rapport à un échauffement traditionnel – médiées par un meilleur contrôle neuromusculaire, une meilleure stabilité du tronc et de la hanche, et une meilleure mécanique d’atterrissage.
Nuance : Pour les tâches explosives et réactives, l’échauffement dynamique est préférable aux étirements statiques prolongés – ces derniers peuvent même brièvement diminuer la performance explosive.
Le mental – si et comment le chef d’orchestre démarre
En réhabilitation, la tête a son mot à dire : des réactions psychologiques positives sont liées à un taux de retour au sport plus élevé ; à l’inverse, la peur de se blesser à nouveau peut conduire à ne pas revenir du tout. La « préparation psychologique » est donc un critère de retour à part entière – pas seulement la guérison physique.
Chez les personnes âgées, la peur de tomber joue un rôle analogue : elle modifie le comportement moteur (raidissement, marche prudente, moins d’activité → déconditionnement) et peut même accroître le risque. La bonne nouvelle : l’entraînement de l’équilibre réactif améliore de façon démontrée non seulement l’équilibre, mais aussi la peur de tomber.
Et très concrètement : la motivation et l’adhésion portent la réhabilitation – c’est précisément là qu’intervient une mise en forme ludique comme ce jeu.
La vue d’ensemble : ressort (tendon), moteur (muscle), chef d’orchestre (système nerveux) – préparés par l’échauffement, libérés ou freinés par le mental. Les trois sont modifiables ; c’est justement la mission globale de la physiothérapie.
Sources (évaluées par les pairs, avec DOI)
Taube W, Leukel C, Gollhofer A (2012). How neurons make us jump: the neural control of stretch-shortening cycle movements. Exerc Sport Sci Rev 40(2):106–115. doi:10.1097/JES.0b013e31824138da
McGowan CJ, Pyne DB, Thompson KG, Rattray B (2015). Warm-up strategies for sport and exercise: mechanisms and applications. Sports Med 45(11):1523–1546. doi:10.1007/s40279-015-0376-x
Al Attar WSA, Alshehri MA (2019). A meta-analysis of meta-analyses of the effectiveness of FIFA injury prevention programs in soccer. Scand J Med Sci Sports 29(12):1846–1855. doi:10.1111/sms.13535
Ardern CL, Taylor NF, Feller JA, Webster KE (2013). A systematic review of the psychological factors associated with returning to sport following injury. Br J Sports Med 47(17):1120–1126. doi:10.1136/bjsports-2012-091203
Mohammadi S, Lotfi M, Zarei H (2025). The effect of perturbation-based balance training on fall incidence, mobility, postural control, and fear of falling of the older adults: a systematic review and meta-analysis. J Appl Gerontol (online first). doi:10.1177/07334648251412655
Pourquoi il en est ainsi : Lorsqu’un tendon est pré-étiré juste avant la contraction musculaire, il emmagasine de l’énergie élastique et en restitue une partie à l’impulsion – le cycle étirement-raccourcissement. Important : le tendon ne produit pas d’énergie, il la recycle et épargne du travail musculaire. Le point décisif est le temps de contact au sol court – si l’on attend trop longtemps, l’énergie stockée se perd et le muscle doit fournir le travail activement (et à coût élevé). La raideur tendineuse, la force réactive et la capacité de charge du tendon s’entraînent de façon ciblée ; la géométrie du talon, en revanche, est innée. Ainsi le tendon d’Achille aide à courir plus économiquement.